L'académie des sciences

SOURCES: WIKIPEDIA, Académie des sciences

Colbert présente à Louis XIV les membres de l'Académie royale des sciences en 1667

LA PREMIERE ACADEMIE DES SCIENCES (1666-1699)

L'Académie des sciences doit son origine à la fois aux cercles de savants qui dès le début du XVIIe siècle se réunissent autour d'un mécène ou d'une personnalité érudite, et aux sociétés scientifiques permanentes qui se constituent à la même époque, telles l'Accademia dei Lincei à Rome (1603), la Royal Society à Londres (1645), En 1666, Colbert crée une Académie qui se consacre au développement des sciences et conseille le pouvoir en ce domaine. Il choisit des savants, mathématiciens (astronomes, mathématiciens et physiciens) et des physiciens (anatomistes, botanistes, zoologistes et chimistes) qui tiennent leur première séance le 22 décembre 1666 dans la bibliothèque du roi, à Paris. Pendant ses trente premières années, l'Académie fonctionne sans statuts

L'ACADEMIE ROYALE DES SCIENCES (1699-1793)

Le 20 janvier 1699, Louis XIV donne à l'Académie son premier règlement et la place sous sa protection. L'Académie royale des sciences siège au Louvre. Ses membres sont nommés par le roi, après présentation par l'Académie. Ils sont au nombre de 70 auxquels s'ajoutent 85 correspondants. Au cours du XVIIIe siècle, l'organisation de l'Académie royale des sciences se modifie plusieurs fois. En 1785, à l’initiative de Lavoisier, une classe de physique générale et une classe d'histoire naturelle et de minéralogie s'ajoutent aux 6 existantes (géométrie, astronomie, mécanique ; anatomie, chimie, botanique).

Antoine Laurent de LAVOISIER. 1743 -1794 guillotiné

La Révolution mit à rude épreuve l’Académie des sciences. Malgré la tentative de rester à distance du débat politique, l’institution fut entraînée à communiquer fréquemment avec l’Assemblée nationale, puis avec la Convention nationale2. Lorsqu’elle fut chargée de préparer les éléments de la réforme générale des poids et mesures, elle nomma aussitôt cinq commissions pour la réaliser : Cassini, Méchain et Legendre s’occupent des mesures astronomiques ; Meusnier et Monge furent chargés de mesurer les bases terrestres avec une rigoureuse précision ; Borda et Coulomb étudièrent la longueur du pendule battant la seconde ; Lavoisier et Haüy déterminèrent le poids de l’eau distillée ; Tillet, Brisson et Vandermonde, dressèrent l’inextricable réseau des mesures anciennes.

Par ses travaux et ses publications, l'Académie contribue de façon essentielle à l'expansion de l'activité scientifique. Le 8 août 1793, la Convention supprime toutes les académies.

La première classe de l'INSTITUT NATIONAL DES SCIENCES ET DES ARTS (1795-1816)

Institut de France/Fessy G

La Constitution du 22 août 1795 et la loi d'octobre 1795 mettent en place un Institut national des sciences et des arts regroupant les anciennes académies scientifique, littéraire et artistique qui n'avaient pas de lien organique entre elles sous l'Ancien Régime. L'Institut comporte 3 classes : sciences physiques et mathématiques, sciences morales et politiques, littérature et beaux-arts. La nomination des membres est faite pour toutes les classes par l'ensemble de l'Institut. La classe I des sciences physiques et mathématiques est la plus nombreuse (60 membres résidants à Paris, 60 associés dans les départements et 8 associés étrangers). L'arrêté consulaire de janvier 1803 réorganise l'Institut national : il supprime la classe des sciences morales et politiques et subdivise la troisième classe. Les classes procèdent aux seules élections les concernant, et celles-ci doivent être soumises à l'agrément du Premier Consul. Dans la classe I, les sections sont groupées en 2 divisions (division des sciences mathématiques avec la géométrie, la mécanique, l'astronomie, la géographie et la navigation, et la physique générale ; division des sciences physiques avec la chimie, la minéralogie, la botanique, l'économie rurale et l'art vétérinaire, l'anatomie et la zoologie, la médecine et la chirurgie). Un Secrétaire perpétuel est désigné pour chacune des 2 divisions. L'effectif est de 63 membres, 100 correspondants et 8 associés étrangers. En 1805, l'Institut national quitte le Louvre et s'installe dans l'ancien Collège des Quatre-Nations

Le XIX° siècle

Sous la Restauration, l'ordonnance du 21 mars 1816 redonne le nom d'Académies aux classes de l'Institut de France et leur confère une autonomie tout en les maintenant au sein de l'Institut de France. Les bases de la structure actuelle, constituées de sections composées de membres, de correspondants et d'associés étrangers, sont posées. L'Académie des sciences est organisée en deux grandes divisions comportant chacune des sections, la division des « sciences mathématiques » (géométrie, mécanique, astronomie, géographie et navigation, physique générale) et la division des « sciences physiques » (chimie, minéralogie, botanique, économie rurale et art vétérinaire, anatomie et zoologie, médecine et chirurgie). S'y adjoignent deux secrétaires perpétuels, un pour chacune des divisions, qui ne sont rattachés à aucune section. Par ailleurs (tout comme au sein de l'Académie royale des Belles-Lettres), une classe dite d'« académiciens libres » est créée, celle-ci comporte dix membres qui tout en bénéficiant d'un droit de présence ne touche pas d'indemnité ; ils sont élus comme les autres académiciens. En 1835, sous l'influence de François Arago, paraissent les Comptes Rendus des séances de l'Académie des sciences qui deviennent rapidement un instrument de première importance pour diffuser les travaux scientifiques français et étrangers

Les XX° et le XXI°siècles

Au début du XXe siècle, l'augmentation du nombre de membres (78 en 1909, 90 en 1918, 100 en 1964) et d'associés étrangers (12 en 1909, 20 en 1954) est sans commune mesure avec l'accroissement de la communauté scientifique internationale. Face à l'essor des sciences et de leurs applications d'une part et à l'organisation de la recherche scientifique en France d'autre part, l'Académie entreprend, successivement en 1976 (décret du 15 novembre 1976) puis au début des années 2000 (décrets du 2 mai 2002 et du 31 janvier 2003), des réformes majeures dans sa composition et ses modalités d'action. Actuellement le nombre de membres âgés de moins de 75 ans peut atteindre 250. Lors de chaque élection, la moitié des élus doit être âgée de moins de 55 ans. Le nombre d'associés étrangers est de 150. L'élection de correspondants est arrêtée. Ces nouveaux statuts permettent à l'Académie de mieux jouer son rôle de réflexion, d'évaluation et de proposition sur les questions de société posées par le développement des sciences et des techniques, sur l'organisation et la qualité de la recherche et de l'enseignement des sciences, sur le développement des relations scientifiques internationales, et enfin sur le rayonnement et la diffusion de la science auprès du public. La loi de programme pour la recherche (18 avril 2006) complète les dispositions en octroyant à l'Institut de France et à chacune des cinq Académies une grande autonomie